dimanche 20 décembre 2009

Le blogueur est malade

Non, non, ce n’est pas ce que vous imaginez. Pas « malade dans la tête », pas « fou ». Le blogueur est sain d’esprit (bon, j’ai mes zones d’ombre, comme tout le monde, mais je suis pas plus fou que l’écrivain moyen). Je suis bel et bien malade : j’ai un gros rhume. C’est pour ça que, hélas, je ne pourrai pas écrire de texte cette semaine. J’avais une excellente idée, sur une langue nouvellement créée. Ça sera pour la semaine prochaine.

J’ai un gros rhume, et je l’ai attrapé à cause du vaccin de la grippe H1N1.

Non, non, je ne plaisante pas, et je ne suis pas fou. C’est bien à cause du vaccin de la grippe que j’ai attrapé le rhume. Oui, je sais qu’un vaccin ne contamine pas, et je sais surtout que le rhume et la grippe ne sont pas la même maladie. Je m’explique.

Il y a un mois et demi, au moment où sont morts l’Ontarien de 13 ans et la Québécoise de 42 ans, je n’étais pas vacciné. Contaminé par le pessimisme général, je me voyais déjà avec une pneumonie, dans un respirateur à l’hôpital (ou, pire encore, dans un couloir à agoniser en attendant une place dans un respirateur). Alors je me lavais les mains plusieurs dizaines de fois par jour. Dès que je serrais une main, dès que je touchais une surface possiblement malsaine, une espèce de sonnerie retentissait dans ma tête jusqu’à ce que je me lave les mains, ce que je faisais le plus soigneusement possible. J’évitais aussi de me fourrer les doigts dans la bouche, le nez, et de me frotter les yeux.

J’étais un vrai modèle, un Tintin de l’hygiène anti-grippe.

Ma blonde a eu la grippe, mon fils aussi, et j’ai réussi à les soigner sans l’attraper tellement j’étais prudent. Puis j’ai été vacciné. Ma peur a disparu, et une bonne partie de ma discipline hygiénique aussi. Au lieu de me laver les mains une quarantaine de fois par jour, je les lavais une dizaine de fois… et je n’y allais pas aussi rapidement qu’avant. Plein de gens autour de moi avaient pourtant des rhumes ou des grippes, et beaucoup d’entre eux étaient vaccinés contre la H1N1, mais ma motivation n’était plus la même. Moins de trois semaines plus tard, j’ai un bon rhume.

Vous voyez donc que le vaccin de la grippe peut finir par donner le rhume. C’est logique.

Vendredi, j’étais au travail et j’avais de plus en plus froid, tandis que mon nez se transformait en fontaine. En arrivant à la maison, je me suis allongé sur le divan, sous deux couvertures très chaudes, et j’ai passé la soirée à cet endroit, agréablement amorti par deux verres de « glög », qui est un alcool chaud et épicé qu’on boit en Scandinavie dans le temps de Noël. Hier, c’était à peu près la même chose, et ce matin j’ai encore mal à la tête. Ma faiblesse me donne l’impression d’être dans le brouillard, et j’ai juste envie de me recoucher. C’est pour ça que je n’écrirai pas de texte cette semaine.

Le rhume et la grippe me rappellent plusieurs bons souvenirs de lecture. À l’école secondaire, je me suis offert quelques congés en prétendant être malade. Dès que ma mère avait le dos tourné, je collais le thermomètre à l’ampoule de ma lampe de chevet, comme l’ont sans doute fait des dizaines de millions d’enfants (avant de découvrir ce truc, j’avais essayé d’éviter l’école en sortant en caleçon sur mon balcon enneigé pour me rendre malade, mais ça ne marche pas). Je pouvais rester au lit et lire mes héros de l’époque : Jack London, Boris Vian, Edgar Allan Poe… dont le narrateur d’une excellente histoire passe son temps à dire qu’il n’est pas fou. Sauf que lui, il est fou, et moi je ne le suis pas. Oui, d’accord, j’ai écrit un roman dans lequel j’ai mis beaucoup de moi-même et ce roman traite de folie. Mais cette partie n’est pas autobiographique, je le jure.

Je lis rarement de nouveaux livres lorsque je suis malade. Je préfère relire des livres que j’ai aimés, peut-être parce que ça nécessite moins d’efforts. Qu’est-ce que j’ai lu hier? Hum, suis-je vraiment obligé de l’écrire? Bon, j’ai relu Commando épouvante, un Bob Morane que j’ai acheté dans l’espoir d’intéresser mon fils à ce héros des gars de ma classe de sixième année. Mon fils a refusé d’y toucher et c’est finalement moi qui l’ai lu. Verdict? Henri Vernes a une belle imagination, mais il faut avoir 11 ans pour l’apprécier.

Et maintenant, je suis en train de relire Quelques adieux de Marie Laberge, un livre que j’aime bien, en écoutant des One hit wonder des années 80.

Mon mal de tête augmente, et mon besoin de m’étendre aussi. Qu’est-ce que je voulais écrire, déjà?

Ah oui : Pas de texte cette semaine. Le blogueur est malade.

5 commentaires:

  1. Wwwwhhhooouuuaaaa... il m'arrive très exactement la même chose... Mais moi j'coute Battlestar Galactica saison 4, suis incapable de lire dans ce temps là.

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  2. Wow j'aimerais être aussi cohérente quand je suis malade! ;-) Moi ça ressemblerait plus à lk rejgohegh orij9e... Ce cher Bob Morane, c'est lui qui a appris à mon petit frère que la lecture pouvait être un plaisir et non une corvée! Je lui ai lu le premier chapitre de Terreur à Manicouagan et ensuite je lui ai dit, si tu veux connaître la suite il faudra le lire toi-même! Ce qu'il fit, et il a tellement aimé ça qu'il a fondé un club Bob Morane dans sa classe! Mais ton fils aime déjà la lecture, donc ce n'est pas trop grave...

    Soigne-toi bien, j'espère que tu seras en pleine forme pour Noël!

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  3. Éloi, on ne peut pas être "dans un respirateur", on était "dans un respirateur qu'à l'époque lointaine des "poumons d'acier", pas très efficaces d'ailleurs. Aujourd'hui, le respirateur envoi son air dans des tubes qui aboutissent dans un autre tube inséré dans la trachée, et qui nous fait respirer. Je veux dire quand on est "brancher à un respirateur".

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  4. Putains de fautes, pas moyen de les corriger...

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  5. @Raphaël: au moins on n'a pas été malade durant le congé de Noël (mince consolation, je sais...)

    @Grominou: mon fils est très "Harry Potter", "Eragon" et "Les chevaliers d'Émeraude". Le vieux Bob n'avait pas grand chance contre ces poids lourds modernes, malgré la belle imagination d'Henri Vernes et les nombreuses beautés follement amoureuses de Bob, qui reste indifférent à leurs charmes (comme tout garçon de 11 ans...). C'est assez comique à lire quand on est adulte.

    @Alain: je vois que mon fantasme d'agonie n'était pas très réaliste. Je m'imaginais effectivement dans une espèce de poumon d'acier, ce qui est nettement plus terrifiant que d'être simplement branché sur un tube. Au moins, ça m'a motivé à me laver les mains (ce que j'ai fermement décidé de faire de manière impeccable à partir de maintenant). (Pour les fautes, ça énerve tout le monde, Google pourrait faire quelque chose il me semble).

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