dimanche 16 août 2009

Et la morale de cette histoire est...

Je revenais il y a quelques années d’un voyage aux États-Unis avec ma femme et mon fils, le seul que j’avais à l’époque. Quelque part dans le New Hampshire, nous nous sommes arrêtés à une halte routière pour dîner. La halte était au bord d’un lac, et dans le lac il y avait des canards. Ceci a beaucoup excité mon fils, qui avait cinq ans. Il s’est mis à courir dans tous les sens, puis à lancer du pain aux canards. Il lançait un petit morceau, revenait en courant nous raconter que les canards l'avaient mangé, courait lancer un autre morceau, et il était heureux.

Arrive un gros 4X4 d’où sort un couple d’américains, avec un bébé dans les bras de la femme et un chien à l’échelle du 4X4. Le mari regarde mon fils de cinq ans en train de jeter du pain aux canards, sourit d’un sourire que je qualifierais de « peu intelligent », et lance son chien à l’attaque. Le chien se précipite à l’eau, et les canards s'affolent.

Ma femme me regarde, je regarde ma femme. Tous les deux, nous regardons le crétin, pardon, le monsieur qui trouve intéressant de lancer son chien sur des canards qu’un enfant de cinq ans s'amuse à nourrir.

« Qu’est-ce qu’il fait, le chien? » demande mon fils. Tout en regardant le monsieur avec des yeux glacés, et en réalisant que la plaque du 4X4 est du Texas, j’explique à mon fils que le monsieur espère que son chien va attraper un canard. Je me prépare à censurer la scène avec ma main sur ses yeux, pour masquer les plumes qui vont voler et la fin du canard, mais il devient évident que le chien ne réussira pas. Les canards ont filé au milieu du lac. Dès que le chien s’approche, ils s’envolent et reprennent de la distance. Le chien nage vers eux en aboyant, et les canards le font tourner. On dirait presque qu’ils s’amusent à l’épuiser, qu’ils le laissent approcher juste assez pour lui donner de l’espoir.

Pendant ce temps, ma femme et moi lançons des regards glacés au gros épais, pardon, au monsieur au sourire peu intelligent. Il sourit toujours, mais d’un sourire de plus en plus forcé.

Je suis renversé. « Seul un homme peut être aussi crétin » je pense. D’habitude, je me méfie des stéréotypes sexistes, mais là, c’est trop.

Sa femme, qui tient toujours le bébé dans ses bras, est obligée de descendre au bord de l’eau pour rappeler le chien. Il hésite, vient vers elle, retourne vers les canards, elle l’appelle de nouveau, et doit finalement entrer dans l’eau jusqu’aux genoux pour le saisir par le collier. Ils le remettent dans le 4X4 alors qu’il dégouline encore d’eau, ce qui me fait bien plaisir. Puis ils se préparent à partir. « Quel con, ce type » je dis à ma femme.

« Quel type? »

« Ben, le mari? »

« Quel mari? »

Je regarde le type avec attention et qu’est-ce que je vois : une femme. C’était des lesbiennes!

2 commentaires:

  1. C'est drôle, j'ai 2 ou 3 réponses à "la morale de cette histoire est..." LOL
    Ann

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  2. LOL est aussi une morale possible, Ann ;-)

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