dimanche 7 juin 2009

Je frôle le burn out

Vous l’avez peut-être remarqué : la cadence des textes sur ce blogue a diminué depuis un mois. Pourquoi? Tout simplement parce que je suis passé par une période de fatigue extrême. En écrivant ici que le burn out était devenu courant, je ne croyais pas si bien dire. Ces dernières semaines, j’ai failli en faire un, et je crois l’avoir évité de justesse.

Comment est-ce que je me sentais? Toujours fatigué, mais quand je me couchais je n’arrivais pas à dormir, tandis que le matin je n’arrivais pas à me réveiller. Je n’avais jamais envie de me lever. Mon énergie avait disparu, et quand je marchais, il me semblait parfois avoir de la misère à avancer, comme si quelqu’un me retenait. Je voyais tout en noir, au point de ne plus lire le journal parce que les nouvelles me décourageaient trop.

Même mes activités favorites ne me procuraient plus de plaisir. Tout était vide de sens, tout était laid, comme si les égouts avaient débordé et que ce qui m’entourait était recouvert de boue. Jour après jour, cet état d’esprit ne me quittait pas, et j’ai commencé à me sentir mal d’avoir mis deux enfants dans ce monde. J’avais de la peine pour eux.

Je l’avais un peu cherché. Mon travail est stressant et épuisant, et avec « Sonate en fou mineur » qui est sorti en février, j’ai consacré la totalité de mes temps libres à me faire connaître en oubliant de m’amuser. Au début, j’étais nourri par les réactions positives de mes lecteurs, mais à force de se répéter ces réactions ont perdu leur effet. Au lieu d’être galvanisé quand un lecteur était enthousiaste, j’étais déçu quand il ne l’était pas.

J’ai vu des gens faire un burn out et je sais que c’est sérieux. J’ai ajusté ma vie, en commençant par des heures de sommeil régulières, et surtout, en m’accordant beaucoup de temps pour me reposer et pour des loisirs. J’ai écouté la très bonne série brésilienne « City of men » qu’un collègue des plus sympathiques m’a prêté il y a quelques temps. Je n’avais pas pris le temps de le faire à cause de mon roman.

Rien ne s’est passé pendant quelques jours, puis, un dimanche, durant une promenade, j’ai réalisé que la lumière était belle et que la vue des arbres me faisait du bien. C’est le premier signe que j’ai eu que j’avais évité le pire. J’ai commencé à mieux dormir, mon énergie est revenue et mon optimisme aussi. Ouf! Je crois avoir frôlé un précipice dans lequel j’aurais pu tomber. Si j’étais allé un peu plus loin, j’aurais pu en avoir pour des mois ou des années à m’en remettre.

3 commentaires:

  1. Il y a certainement eu un petit coup de baguette de fée durant cette promenade !
    Heureuse que tu reprennes du mieux Éloi.
    Dire que moi je n'arrêtais pas de te taquiner...
    Ok... pour un moment, je te donne un "break"... mais je reviendrai en force !
    Mélissa

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  2. Merci Grominou! Mélissa tu peux me taquiner tant que tu veux, tu as ma permission écrite par la présente (je sens que je vais la regretter celle-là.)

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