dimanche 29 mars 2009

Ce qui me tracasse

J’aime lire, j’adore lire. Ceci m’a poussé à ouvrir un nombre incroyable de livres et m’absorber dans l’univers de l’auteur. J’aime les bibliothèques, les librairies, j’aime discuter de littérature, j’aime même regarder les gens qui lisent dans le métro. Cette passion pour la lecture m’a poussé vers une deuxième passion : écrire des romans.

Je me demande souvent ce qui arrivera à cette passion dans une dizaine d’années. Autour de moi, l’offre de « divertissement » ne fait qu’augmenter, et nous sommes bombardés par des promesses de plaisirs de plus en plus technologiques, de plus en plus faciles et excitants. Les gens que je connais lisent moins. À l’ère des ipods et des MP3, l’objet « livre papier » semble déjà être d’un autre âge, et le papier imprimé comme moyen de communication paraît destiné à suivre le chemin du disque en vinyle. Qu’arrivera-t-il au contenu si l’objet disparaît?

Paradoxalement, nous écrivons de plus en plus. Chaque jour, la plupart d’entre nous s’échangent des dizaines de courriels. Il existe des millions de blogues et ce nombre augmente sans cesse. Internet est basé sur l’écrit et tout doit aller vite. Faire des fautes ou manquer de vocabulaire devient un handicap lourd, et les gens qui maîtrisent mal l’écrit sont pénalisés. C’est ainsi que l’écriture est une activité plus pertinente et plus nécessaire que jamais.

Mais est-ce la même écriture qu’à l’époque de « Maria Chapdelaine »? Le sens de l’écriture, la manière d’écrire va-t-elle changer? Quelle est la place du roman là-dedans? L’objet physique, le roman imprimé, va-t-il disparaître comme vont bientôt disparaître les journaux imprimés et les CD? Les librairies sont-elles condamnées à fermer? Que deviendront les éditeurs?

Lire un roman est une expérience « lente ». Cette forme d’expérience demeurera-t-elle attirante malgré cette lenteur et l’effort qu’on doit y consacrer?

Un roman est différent d’un film ou d’un jeu vidéo parce qu’on entre dans la tête de quelqu’un : on a accès à ses pensées, on voit le monde de son point de vue, alors qu’une image cinématographique est toujours extérieure. Cette approche artistique qu’apporte le livre pourra-t-elle être remplacée par autre chose?

Telles sont quelques unes des questions qui me tracassent.

2 commentaires:

  1. Quand je prends le métro, il me semble qu'il y a de plus en plus de gens qui lisent. Ça me rend optimiste pour l'avenir du livre. La plupart des gens à qui j'en parle sont réfractaires à l'idée de lire un roman sur support électronique.

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  2. Bravo pour ton blogue Éloi,

    ta réflexion est très à propos. Je suis, comme toi, un amoureux des livres. J'aime également m'asseoir le matin avec mes journaux (et un bon café), j'adore me promener dans une librairie sans but précis pour très souvent en ressortir avec un livre dont je ne doutais même pas de son existence mais qui m'a accroché (littéralement!).

    Toutefois, je vois dans l'univers du web des possibilités de diffusion illimitées, des sources d'informations insoupçonnées, des moyens de communiquer faciles et efficaces. Qui sait combien de "vocations" d'écrivain en résulteront; qui sait combien de nouveaux lecteurs se découvriront une passion pour la lecture en étant titillés par un article, un blogue, un forum, qu'ils rencontreront au fil de la navigation?

    Je rejoins bien Grominou, je ne me vois pas du tout lire un roman sur un écran mais je lis quand même des dizaines de pages de chroniques, d'articles, d'éditoriaux, de commentaires d'ici et de partout dans le monde sur le web. Toutes ces informations, disponibles au bout d'un seul clic, sont une source intarissable de découvertes. Je suis convaincu que, loin d'assassiner le "livre", l'univers du web en est un nouveau et puissant tremplin!

    Très bon blogue Éloi!

    Au plaisir de lire encore

    Benoît

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